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Interview de Fast Phil – actuellement en tête du classement UCI

lundi, mai 23rd, 2011

Après ses quatre succès consécutifs remportés en Avril lors des grandes classiques, le coureur de l’équipe Omega Pharma-Lotto Philippe Gilbert est actuellement en tête du classement UCI World Tour. L’arme choisit par Fast Phil est l’Aeroad CF 9.0 de l’équipe Omega Pharma-Lotto. Après une petite trêve, Phil sera de retour lors du Tour de Belgique en juin prochain. Canyon a récemment pu s’entretenir avec lui à son domicile à Monaco.

Canyon: Michael Rich vous a amené le nouveau cadre de l’Aeroad CF juste avant Liège-Bastogne-Liège avec une sérigraphie spécifique. Qu’en avez-vous pensé?
Philippe Gilbert: Oui, je l’aime beaucoup; j’apprécie le fait que Canyon est souhaité réaliser quelque chose de spécifique pour moi. J’aime bien avoir quelque chose de différents des italiens qui ont des animaux un peu partout ou des trucs dans ce genre. Je ne suis pas italien donc ça ne prend pas avec moi. Mais je pense que “Fast Phil” est une très bonne piste à explorer.

Canyon: Bien vous êtes un coureur très rapide…
Philippe Gilbert: (Rire) C’est sur que ce n’est pas si mal d’avoir marqué “Fast Phil” sur mon vélo.

Canyon: Vous ne voulez pas un gorille sur votre vélo comme votre coéquipier André Greipel?
Philippe Gilbert: Non pas du tout.

Canyon: Phil, il me semble que vous roulez sur le Canyon Aeroad CF 9.0 Team depuis le Tour de Belgique l’an dernier… C’est votre choix de prédilection?
Philippe Gilbert: Je suis très exigeant avec mon vélo et je trouve que l’Aeroad CF est le vélo qui me correspond le plus. J’ai travaillé avec Canyon et je leur ai donné tous mes conseils pour le développement du vélo. Nous avons fait du bon travail ensemble et j’en suis réellement satisfait. C’est important que l’Aeroad possède ce niveau de rigidité tout en ayant ses qualités aérodynamiques. J’aime le design également; ça me motive de rouler sur un tel vélo.

Canyon: Après avoir terminé votre campagne des classiques printannières avec quatre victoires en proche, quel est votre programme pour 2011?
Philippe Gilbert: C’est vrai que j’ai fait une très bonne saison de classique cette année et c’est pour cela que je fait une pause actuellement comme je l’avais prévu. C’est une longue saison, mais le planning que j’ai mis en place se déroule parfaitement depuis que j’ai repris les entrainements en décembre dernier.

Canyon: Considérez-vous que vous courrez à domicile sur Liège-Bastogne-Liège ou sur la Flèche Wallonne ?
Philippe Gilbert: Même l’Amstel Gold Race se déroule très près du lieu où j’habitais en Belgique (Gilbert réside actuellement à Monaco) et je connais par cœur toutes les routes de la région. Je connais également parfaitement les tracés du Tour de Lombardie et du Tour des Flandres. Tout autant qu’un coureur qui apprend les tracés. Peut-être que je les connais un peu mieux mais nous connaissons tous les courses.

Canyon: Par curiosité, Phil, quel a été votre sentiment lorsque vous avez franchi la ligne d’arrivé de la course vos rêvese en premier, Liège-Bastogne-Liège? Qu’avez-vous ressenti?
Philippe Gilbert:Ce fut un sentiment extraordinaire, un rêve qui devenait réalité. Vous savez, c’est difficile de réaliser ses rêves. C’était vraiment unique pour moi.

Canyon: Après votre victoire à Liège, vous êtiez de retour dans votre ville natale, Remouchamps pour la soirée organisée en votre honneur par votre club de supporters. Vous avez passé de bons moments là-bas?
Philippe Gilbert:Oh que oui, Il y avait plein de monde à cette soirée, mes amis et ma famille étaient présents, c’était un très grand moment. Vraiment énorme.

Canyon: Beaucoup on remarqué que vous étiez monté sur le podium avec votre jeune fils de 6 mois Alan à l’Amstel Gold.
Philippe Gilbert: Je l’ai pris avec moi sur le podium à l’Amstel et à Liège. Je souhaite partager ces moments avec lui, même si il ne se rend pas bien compte de ce que cela représente encore, ces moments resteront de bons souvenirs pour lui quand il sera plus agé.

Canyon: Phil, quels sont vos objectifs pour le reste de la saison 2011?
Philippe Gilbert: En ce qui me concerne, toutes les courses sont importantes. Je cours pour gagner; Je ne me rendrais pas sur le Tour de France pour me battre au classement général si je n’ai pas eu le temps de me préparer pour. Mais mon but sur le Tour est de remporter au minimum une course, voir plus.

Canyon: Avez-vous étudiez le parcours du Tour de France pour repérer sur quelle étape vous alliez attaquer?
Philippe Gilbert: Oui, la troisième étape est interressante au même titre que d’autres… Je suis en train d’y réfléchir.

Canyon: Phil, après le Tour quel est votre programme? Est-il trop tôt pour dire que vous participerez au Vuelta a España, sur laquelle vous avez remporté deux étapes et mener la course en 2010?
Philippe Gilbert: C’est encore trop tôt. Je déciderai de la suite de la saison après le Tour de France.

Canyon: Qu’en est-il au sujet des championnats du monde de Copenhague? Beaucoup de gens ont vu l’affiche de l’évènement sur laquelle vous êtes avec Tom Boonen.
Philippe Gilbert: C’est pas trop mal. C’est une course pour les sprinters mais c’est pas si mal.

Canyon: Phil, vous avez remporté le Tour de Lombardie deux fois, l’Amstel Gold Race deux fois et Liège-Bastogne-Liège. Mais vous n’avez pas réussi sur le Tour des Flandres, sur Paris-Roubaix et sur Milan San Remo. Est-ce un but pour vous de remporter un jour toutes les grandes courses?
Philippe Gilbert: Oui, c’est un de mes objectifs sans aucun doute.

Canyon: Quelle est la course la plus dure à remporter?
Philippe Gilbert: Sanremo. Tous les coureurs peuvent gagner Sanremo, c’est ce qui la rend si difficile. C’est une course facile que même les coureurs les moins forts peuvent remporter avec de la chance.

Canyon: A 29 ans, plusieurs observateurs se demande si Phil Gilbert ne serait pas le succésseur de l’illustre coureur belge Eddy Merckx, devenu par la suite un coureur de Grand Tour.
Philippe Gilbert: Pourquoi pas? J’ai encore le temps de travailler là-dessus dans le futur. Je souhaite continuer à gagner des classiques mais ensuite j’espère devenir un coureur de Grand Tour.

Canyon: Combien d’années espérez-vous encore courir, Phil?
Philippe Gilbert: Oh pour un bout de temps encore, probablement jusqu’au moment où je sentirai que je ne suis plus dans le coup.

Philippe Gilbert – La superstar d’Omega Pharma-Lotto

vendredi, mai 13th, 2011

C’est le sportif belge de l’année, le cycliste belge de l’année et il a remporté le Kristallen Fiets pour la 3ème année consécutive – Philippe Gilbert est une vraie superstar dans son pays d’origine. Il a également conquis le cœur de nombreux fans de cyclisme hors de Belgique et obtient la reconnaissance du monde cycliste et des coureurs du peloton. En 2011, il est le celui qui totalise le plus grand nombre de victoires en classique.

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Grâce à son esprit de battant, il s’est entrainé dur pour être au sommet de sa forme au bon moment. Il a commencé a repérer le tracé du Tour des Flandres très tôt, s’est entrainé sur ses terres pour Liege-Bastogne-Liege et aurait délibérément refusé de prendre part à la « Reine des classiques » ? Quand il a été interrogé sur ses raisons de ne pas prendre part à l’enfer du Nord, sur laquelle il a souvent chuté, il déclara, « Paris-Roubaix est une course qui peut tout simplement mettre un terme à votre carrière ».

Rendu plus fort par ses échecs

Phil a appris à digérer ses échecs et à réapparaître plus fort. L’un de ses principaux objectifs en 2010 fut les championnats du monde à Geelong. Tout était orchestré pour la victoire. Son état de forme était parfait et il comptait parmi les coureurs les plus forts du peloton mais il n’a fini que 18ème après une 6ème place en 2009. Que s’est-il passé ? Dans l’avant dernière montée, il a jeté toutes ses forces dans la bataille mais en vain à cause d’un vent de face terrible ce qui l’empêcha de s’extirper du peloton et il a été anéanti par la dureté de la course. A l’arrivée, ce fut Thor Hushovd qui fut sacré champion du monde. Cependant, une semaine après, Philippe a retrouvé sa forme pour défendre son titre au Tour du Piedmont et après au Tour de Lombardie.

Grâce à cette déception de ne pas remporter ce titre de champion du monde, il a utilisé la coupure hivernale pour se préparer intensément et démontrer tout son talent.

Un choix de Coeur – Philippe rentre au pays

Philippe apprit son transfert à la Française des Jeux. En 2002, quand il était stagiaire, il a été sur la plus haute marche du podium à quatre reprises. De ce fait, c’est tout à fait logiquement qu’on lui a proposé un contrat professionnel, en l’intégrant à l’équipe sur le long terme. Dans les années qui ont suivi il s’est exclusivement consacré aux classiques. Avec plusieurs victoires dans des courses peu prestigieuses, il souligna tout son potentiel jour après jour et prit part à sa première grande course à étape en 2004. Au Giro d’Italie, il roula pour son capitaine Bradley McGee, qui finit 8ème au général. Lors des quatre années suivantes, l’équipe insista pour que Gilbert prenne part au Tour de France, chose que le Wallon ne souhaitait pas forcément, car il préférait se préparer pour les classiques et remporter les plus prestigieuses.

Cependant, la seule victoire notable sur une classique entre 2003 et 2007 fut le Omloop Het Nieuwsblad en 2006. Ce fut en 2008 qu’il réussit à monter sur le podium à l’occasion d’un monument du cyclisme mondial mais loin de ses terres, Milan-San-Remo, la bien nommée «course du soleil». Trois semaines plutôt, il remporta pour la seconde fois la Omloop Het Nieuwsblad. A partir de ce moment là, il commença à se demander si La Française des Jeux était la bonne équipe pour lui. Etant au milieu de toutes les tractations, Il a été encouragé à rejoindre l’équipe Silence-Lotto pour devenir le capitaine de l’équipe lors des classiques.  « Je n’ai pas signé pour la proposition la plus lucrative. Six autres équipes voulaient me recruter. J’ai mis toutes les propositions à plat sur la table”, déclara Phil après avoir décidé de s’engager en faveur de l’équipe belge. Marc Sergeant, son nouveau Manager déclara par la suite, « Nous le voulions vraiment. C’est l’un des meilleurs coureurs du monde ». Philippe a récompensé largement toute la confiance qui était placée en lui par la suite en réalisant d’extraordinaires performances.

Pas uniquement de la chance mais une très belle success story – Le moment de Gilbert chez Silence-Lotto et Omega Pharma-Lotto

Roulant désormais sur un vélo Canyon, Philippe a réellement pris son envol. Au printemps, il fut sur le podium du Tour des Flandres et démontra toutes ses capacités sur ses terres natales wallonnes à l’Amstel Gold Race et sur Liège-Bastogne-Liège, en terminant 4ème sur les deux évènements. Sa victoire lors de l’avant dernière étape du Tour d’Italie en mai fut sa première grande victoire sur un grand Tour, mais ce fut également l’occasion de placer Canyon sur le podium pour la première fois de l’une des plus grandes courses.

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Cependant, ce fut que la première partie de sa saison. En accord avec le manager de l’équipe Silence-Lotto, il ne prit pas part au Tour de France pour laisser la plus grande course à étape du monde a d’autre coureurs clés. Phil s’est ensuite concentré sur la dernière partie de saison à l’automne. Ce fut un mois d’Octobre en or avec quatre victoires en seulement neuf jours ! Il remporta la Coppa Sabatini, Paris-Tours, le Tour du Piedmont et finalement le Tour de Lombardie. Philippe Gilbert avait maintenant remporté ses premières grandes courses cyclistes et était encore plus assoiffé de victoire.

Lorsqu’en 2010, les premières rumeurs en provenance des critiques arrivèrent déclarant que Phil n’était probablement pas capable de remporter une des classiques printanières majeures, il répondit que ces doutes n’avaient pas lieu d’être. De même son équipe a du attendre longtemps la première victoire de la saison, et ça était l’une des plus importantes victoires de ces dernières années pour Gilbert et l’équipe: Le Walloon remporta l’Amstel Gold Race! Cependant, autre chose de plus important était prévu. Philippe avait les yeux rivés sur le championnat du monde, qu’il manqua alors qu’il était l’un des coureurs les plus en forme du moment. Malgré cet échec il fut capable de réitérer une seconde fois ses victoires sur le Tour de Lombardie et sur le Tour du Piedmont. Il a été par la suite capable de gagner deux étapes sur la Vuelta et de revêtir le maillot rouge de leader pendant cinq jours. A la fin de la course, il était grimper à la 3ème place du classement UCI !

Cette saison, il commença où il avait perdu la saison dernière, avec d’incroyables victoires et un style incomparable. Avec sa 3ème place à Milan-San-Remo il n’a pas été capable d’atteindre son but principal, mais il est remonté sur le podium après 2008, avec une joie retenue car il aurait préféré être sur la plus haute marche du podium. Mais le printemps n’était pas encore terminé et il avait le temps d’améliorer son état de forme. Il a également géré sa 9ème place sur le Tour des Flandres car ses objectifs étaient clairement fixés sur les classiques walloniennes. Avant la semaine clé, il a assuré sa victoire sur la flèche Brabant. Il a par la suite défendu remarquablement son titre sur l’Amstel Gold Race et fut vainqueur sur la Flèche Wallonne et sur Liege-Bastogne-Liege devant tous ces fans. Ces principaux rivaux, les frères Schleck lui ont pourtant mis une très grosse pression et ils déclarèrent à la fin de la course, «Ce fut impossible de stopper Gilbert à la fin. Il était tout simplement trop fort pour nous ».

Un coureur polyvalent qui peut gagner sur tous les types de courses

Il n’y a pas de type de course particulier sur lequel Phil est plus fort. Les classiques longue distance sont bien sûr ses préférées, mais il est également capable de concourir pour la victoire sur des courses en plaine comme Milan-San-Remo où la Flèche Wallonne, qui se termine par une montée. Avant la Flèche Wallone, Phil déclara que le mur d’Huy était trop costaud pour lui, cependant c’est dans ce lieu précis qu’il sema ses concurrents et prouva qu’il était aussi à son aise dans les côtes. Pour Gilbert, c’est important que la course soit dure car il n’est pas très performant sur les sprints car il n’est pas assez rapide pour rivaliser avec les sprinters. Cependant, il a été capable de lâcher les sprinters les uns après les autres avant l’arrivée, il est plus apte à finir seul ou à s’extirper un petit groupe. Quand on l’interroge au sujet des championnat du monde 2011 à Copenhague, Phil déclare que ça ne sera pas si dur que ça pour lui…